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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 19:29

Connaissez-vous l’extraordinaire histoire de « La valise mexicaine » ?

Cette valise, retrouvée au Mexique en 2007, après sa tragique et rocambolesque disparition de Paris, en 1939, contenait des trésors que l’on croyait à jamais perdus : près de 4500 négatifs d’images de la guerre civile espagnole, prises entre 1936 et 1939, au cœur des combats, par trois jeunes reporter-photographes qui se battaient aux côtés des Républicains espagnols et des Brigades internationales. La plus téméraire de ces photographes est Gerda Taro, le plus célèbre est Robert Capa et le plus populaire David Seymour, dit Chim. Ils mourront tous les trois au cours de leurs reportages de guerres : Taro sera tuée en Espagne, en couvrant la bataille de Brunete, Capa sautera sur une mine en Indochine en 1954 et Chim mourra en filmant le conflit du canal de Suez en 1956.

 

Valencia juin 1937-photo G TaroLa plupart des clichés, d’un intérêt historique et humain exceptionnel, sont inédits. Ils racontent la guerre d’Espagne sur les lignes de front et dans la vie quotidienne des habitants : portraits de soldats et de civils pris sur le vif, images de destructions de villes et villages, photos de massacres des populations par les fascistes, témoignages de l’occupation des terres par les paysans pauvres, de conseils de villages pour instaurer la réforme agraire, scolariser les enfants, organiser la résistance, etc. Les reportages réalisés sur le terrain sont d’un réalisme saisissant, ils attestent l’importante participation des gens du peuple aux combats alors qu’ils disposaient de très peu d’armes. Beaucoup de paysans et de femmes combattaient avec enthousiasme en première ligne. Aux côtés de portraits de personnes anonymes, on découvre des clichés de Républicains illustres, ou d’artistes et écrivains célèbres comme Ernest Hemingway, Federico García Lorca ou André Malraux. La valise retrace aussi l’histoire des trois jeunes photographes juifs qui avaient dû fuir leur pays pour échapper à la barbarie nazie, et qui se sont totalement engagés dans la cause républicaine espagnole. En prenant des risques considérables, ils ont voulu alerter le monde et témoigner de l’immense courage de ceux qui se battaient quasiment à mains nues pour sauver la liberté et la démocratie. En filmant les combats au plus près, ils ont inventé le photo-reportage-de-guerre et sont devenus les pionniers de ce genre de journalisme.

La valise contenait également des portraits de Gerda Taro réalisés à Paris au début des années 1930 par Fred Stein.

 

GERDA TARO

G Taro 1936Gerda Taro, née Gerta Pohorylle, est la première femme photographe de guerre, morte au combat. Elle est le symbole même de l’héroïne révolutionnaire : belle, courageuse, tuée en pleine jeunesse sur un champ de bataille. D’origine juive, et poursuivie pour avoir distribué des tracts anti-nazis, elle dut quitter son pays, l’Allemagne. Arrivée à Paris en 1933, elle fréquente d’autres réfugiés, artistes pour la plupart, qui se retrouvent à  Montparnasse et au Quartier Latin. C’est là qu’elle rencontre son futur compagnon, Endré Friedman, qui deviendra le célèbre photographe Robert Capa (c’est Gerta qui invente leurs pseudonymes, plus « accrocheurs »). Ils partent ensemble en Espagne. De l’été 1936 jusqu’à sa mort, le 27 juillet 1937, Gerda Taro accompagnera les Républicains espagnols sur le terrain pour témoigner de leur lutte héroïque contre les troupes fascistes du général Franco, lourdement armées et équipées par l’Allemagne et l’Italie. Ses photos prises dans les rues bombardées et sur les lignes de front font preuve d’audace et de solidarité sans limite avec les défenseurs de la démocratie. Des photos comme arme de combat et de résistance : No pasaran ! Sa mort, si jeune, et dans des circonstances dramatiques (elle fut éventrée par un char) bouleverse le monde. Ses obsèques ont lieu à Paris, en présence de milliers de personnes, le jour de son 27e anniversaire. Le cortège se transforme en manifestation politique. La foule, partagée entre tristesse et colère, crie son exaspération contre les gouvernements qui abandonnent la République espagnole et appelle le peuple à rejoindre les Brigades internationales. Elle ne sera pas entendue et, hélas, quelques années plus tard, c’est presque toute l’Europe qui sera écrasée sous la botte nazie.

Gerda-Taro-Esp-1937.jpg

 

Ce 1er août 1937, la foule qui accompagnait le cercueil de Gerda Taro ("la pequena rubia") jusqu’au cimetière du Père Lachaise ne s’est pas trompée en l’élevant au rang de symbole de la lutte anti-fasciste. Sa tombe, décorée par Alberto Giacometti, fut saluée par des milliers d’anonymes, et son éloge funèbre fut prononcé par Pablo Neruda et Louis Aragon.

 

 

L’ETONNANTE EPOPEE DES BOITES PERDUES

En 1939, Robert Capa doit quitter la France précipitamment. Il abandonne dans son studio parisien des boîtes contenant des négatifs et des tirages sur la guerre d’Espagne. Elles seront sauvées par son ami Csiki Weisz, un photographe hongrois réfugié à Paris. Il raconte : « En 1939, alors que les Allemands approchaient de Paris, j’ai mis tous les négatifs de Bob dans un sac et j’ai rejoint Bordeaux à vélo pour essayer d’embarquer sur un bateau à destination du Mexique. J’ai rencontré un Chilien dans la rue et je lui ai demandé de déposer mes paquets de films à son consulat pour qu’ils y restent en sûreté. Il a accepté ». A la fin de la guerre, personne ne sait où les négatifs sont cachés, peut-être ont-ils été détruits ; Capa et Chim ne les retrouveront jamais. Alors que tout espoir semblait perdu, les précieux négatifs ont mystérieusement réapparu au Mexique, dans une valise, près de 70 ans après leur disparition !

Si vous avez raté l'exposition en 2013, il est encore temps de consulter des archives sur Internet ou dans une bibliothèque, et re-découvrir l’histoire de la légendaire valise ! 

Josée Hélène Couvelaere

 

       Exilés républicains mars 1939 - Bob Capa L'exil 

    Pendant la guerre de 1939-1945, beaucoup d’Espagnols qui s’étaient réfugiés en France après la victoire de Franco et que l’on avait ignominieusement parqués dans des camps d’ « internement », rejoindront la Résistance contre le nazisme.

(photo de Capa, mars 1939)

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Clara Jo Bonnel - dans Histoire
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 17:27

POURQUOI MANIFESTER ?

  19 marsAller aux manifs pour défendre nos valeurs humanistes.

Aller aux manifs pour retrouver le sourire et la joie de vivre.

Aller aux manifs pour chanter, se tenir par la main, se prendre par le bras, se regarder, rire.

Partager un moment de liesse et d’espoir.

Tous ensemble ! Tous ensemble ! Oui !

 

 

Mais qu’est ce qu’on veut à la fin ?

Du respect. De l’écoute. Des réformes justes dans un monde plus égalitaire et solidaire. Défendre nos droits acquis, les renforcer et non les restreindre, en revendiquer d’autres, lutter pour une vie meilleure. Arrêter la souffrance au travail, imposer des horaires conformes au rythme humain, alléger la pénibilité, profiter de son salaire, gagner du temps de loisir. Ce temps de repos que l’on veut écourter sinon supprimer. Construire des crèches sur les lieux de travail pour faciliter l’emploi et les carrières des femmes. Refuser l'expulsion indigne des "étrangers".

Ah, qu’il était commode le temps où les travailleurs mouraient juste avant leur retraite ! C’était tout bénef pour les caisses de l’Etat et du patronat ! On les faisait cotiser toute leur vie sans qu’ils puissent en profiter, juste pour engraisser les autres, les machines et les cadres bien portants qui vivaient plus longtemps! Veut-on nous renvoyer au XIXème siècle ? Supprimer des droits si chèrement acquis par nos mères et grand’ pères ? Et bien non, on refuse ce modèle de société qui veut nous obliger à vivre (survivre ?) dans un monde ultra-libéral, où une minorité de nantis exploite les autres et profite, elle, pleinement de ses richesses. Ces manifestations de l'été et l'automne 2010 traduisent un grand malaise et un rejet de la société libérale que l’on veut nous imposer, au besoin par la force. Nous avons raison de manifester. Il faudrait que des manifestations éclatent dans tous les pays d'Europe, du monde, que l’on soit tous solidaires, on pourrait alors avoir un véritable impact sur les institutions. On pourrait instaurer une autre politique économique, au service de l’être humain.

Un rêve ? Une utopie ? Peut-être, mais il nous aura permis de vivre un instant de bonheur !

manif 19 mars 09 003 

 MAIS ALORS, DIT ALICE, SI LE MONDE N’A AUCUN SENS, QUI NOUS EMPECHE D’EN INVENTER UN ? (Cité dans le Manifeste Utopia)

Ronde des obstiné(e)s avril 2009La ronde infinie des obstiné-e-s

 

J’aime les manifs en chansons : "Debout les damnés de la terre …L’Inter-naationaaale sera le genre humain…" "A la bastille on l’aime bien Nini …" Prenez ga-arde, v'la la jeune ga-arde"...Et alors, t’en connais d’autres ? Mais écoute un peu la foule ! C’est la fête ! Je les sens, je les entends, là, autour de moi, j’ai la fièvre ! On se regarde avec la même excitation, la joie nous submerge, nous porte, nous affole. Vivons à fond ce moment unique, prolongeons cet instant. On l’emportera pendant des jours, des nuits, des années, on le ressassera durant les périodes tristes, ils reviendront, avec l’espoir que tout recommencera, que le grand soir est là, plaisir éphémère, fantasmé, fort comme le désir, fou comme l’amour !

Alors on se met tous à courir, à chanter, à hurler, ça fait du bien, ça explose dans la tête, dans la poitrine, dans la bouche, dans le ventre, les larmes perlent aux yeux, chiche c’est vrai, on y croit mais surtout on le vit, on le partage, on le construit ! Donne-moi la main pour courir et chanter encore !

 

 VIVE LE THEATRE DU SOLEIL

28102010(002) Quelle émotion en découvrant la marionnette de la Justice imaginée par Ariane Mnouchkine et sa troupe de comédien-ne-s. La Justice attaquée par des corbeaux. La Justice étouffée par les escrocs. Blessée à la tête, ensanglantée, tragique, elle trébuche mais les manifestants accourent, l’acclament, la soutiennent. Un orchestre et des citoyens se relayent pour porter des bannières reproduisant des textes de Victor Hugo, Romain Rolland, Rousseau, Shakespeare, Voltaire... Ils l’encouragent et rappellent que le combat pour la justice est universel. Alors elle se redresse, clame sa loyauté au peuple au son des tambours, des chants et des cris de la foule. La Justice, sans la force, triomphe, enfin !

Nous étions heureux de l’entourer et de défiler avec elle. Elle nous a redonné la fierté de nos valeurs, nous, les descendants de la Révolution, de la Commune, de 36, de 68. Et oui on est toujours là…

 Quelques citations reproduites sur les bannières du Théâtre du Soleil :

 Triste spectacle public, On prend tout, on veut tout, on pille tout, On ne vit plus que par l’ambition et la cupidité (Victor Hugo)

 Que l’autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux (Benjamin Constant)

 On a de tout avec l’argent hormis des mœurs et des citoyens (JJ Rousseau)

 Les frelons ne sucent pas le sang des aigles mais pillent les ruches des abeilles (Shakespeare)

 Quand l’ordre est injustice le désordre est déjà un commencement de justice (Romain Rolland)

 ELLE EST BIENTOT FINIE CETTE NUIT DU FOUQUET’S ? (Le peuple)

2010-10-19 nuit du fouquest's

23092010

 

Et aussi quelques extraits de pancartes/affiches/bannières/ tracts portés ou distribués par des manifestants :

Manifester c’ est exister

Qui sème la misère récolte la colère

Non au développement durable de la misère

Sarko chP1020568ef des racailles de Neuilly

L’insécurité c’est lui !

Le sarkozisme est un affront national

 Retraités pas Maltraités

La peur doit changer de camp

Taxons les profits

Soyons réalistes, les vieux coûtent cher, tuons les !

Nos luttes ont construit nos droits - Nos résignations les détruiront

Vive la grève

Résistance !

 

P1020643

    

052

 

La photo prise devant l'Hôtel de Ville de Paris représente "La Ronde infinie des obstiné-e-s" qui a tourné sans arrêt, jour et nuit, sur la place de la mairie, pendant plus de 1000 heures, de la nuit du 22 mars au 4 mai 2009. La Ronde a aussi tourné dans plusieurs villes en Région. J'ai beaucoup aimé cette forme de résistance et de manifestations organisées par des enseignants-chercheurs, des personnels de l'éducation, des étudiants. Tout le monde pouvait entrer dans la ronde: des badauds, des touristes, des artistes, des ménagères allant faire leurs courses, des parents promenant leurs enfants...Les manifestants protestaient contre les réformes du pouvoir qui veut asservir l'Université à la loi du marché et du fric.   

Josee H Couvelaere

 

 

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 11:53

Les soixante douze jours du quatorzième arrondissement de Paris


Parmi les principes démocratiques de la Commune promulgués en mars 1871 comme : la participation directe des citoyens à l’élaboration des lois, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’école laïque obligatoire pour filles et garçons, l’abolition des discriminations, l’autogestion, l’égalité des droits pour les femmes et les étrangers, tous ne sont pas encore appliqués et certains ont abouti grâce à de longs combats. Ainsi les femmes n'ont-elles obtenu la totale égalité des droits qu'un siècle plus tard ! Quant au droit de vote des étrangers, reconnu et appliqué pendant la Commune, il est encore débattu de nos jours. Parmi les nombreux étrangers qui ont participé à la Commune, les plus célèbres dans le 14e sont Alfred Billioray (né à Naples), élu à la mairie et le général polonais Kawecki, qui a combattu, avec sa femme Lodoïska, dans le bataillon de Montrouge. Les élus de notre quartier comptaient un grand nombre d’artistes peintres et d’artisans. Trois élus du 14e : Billioray, Descamps et Martelet ont siégé dans le gouvernement provisoire de la Commune de Paris.

 

Les clubs

Des ouvrier-e-s, artisans, simples citoyen-ne-s prenaient la parole dans les clubs. Ces forums de discussion, nés sous la révolution, réactivés en 1848, se sont multipliés en 1871. L'un des plus connus du quartier était au 10 rue Maison-Dieu. A partir de la fin avril, beaucoup s'installent dans les églises : début mai Notre Dame de Plaisance est fermée au culte et transformée en club, l'église Saint-Pierre de Montrouge est séparée en deux par un rideau : d’un côté, le club de discussion, de l’autre le culte. Dans ces “théâtres et salons du peuple”, on pratiquait “l'enseignement du peuple par le peuple”. Les débats, parfois enflammés, souvent graves, s’y déroulaient dans une atmosphère festive.

 

Lucien F HenryLucien Henry dit le "Colonel Henry" est une figure légendaire de la Commune du 14e. Il est arrivé à Paris en 1867, à l'âge de 17 ans. Il s'inscrit aux Beaux-Arts et s'installe en mars 1871 au 91, chaussée du Maine (aujourd'hui avenue), ce lieu devenant un des principaux postes de la Garde nationale. Il adhère à “La Marmite” (1) et à l'Internationale des Travailleurs (première Internationale), collabore au journal “La Résistance”, fondé dans le 14e, et se fait brillamment remarquer dans les cercles blanquistes (2). Le 11 mars 1871, il est élu chef de légion du 14e et devient “le colonel Henry”, à 21 ans. La situation géographique du 14e, qui doit défendre les forts de Vanves et de Montrouge contre les attaques versaillaises, explique l'importance de ses bataillons. Les typographes du 14e, par exemple, ont constitué leur propre bataillon. Celui de Montrouge était composé majoritairement d'ouvriers. Leur courage pendant les combats fera surnommer notre quartier “le Belleville de la rive gauche”. Pas moins de trente-six barricades ont été érigées aux endroits stratégiques de notre arrondissement. Le 3 avril, les troupes fédérées des 13e, 14e et 15e lancent une offensive sur Versailles. Mais les troupes versaillaises, en plus grand nombre, déciment les fédérés. Duval, commandant de la légion du 13e est fusillé. Henry est capturé, exhibé et conspué dans les rues de Versailles. Condamné à mort en 1872, sa peine fût commuée en déportation en Nouvelle-Calédonie. Gracié en 1878, il se réfugie en Australie, où il rencontrera une certaine notoriété en tant que peintre. Revenu en France en 1891, il y mourra en 1896.


 

Femmes défendant une barricade pendant la CommuneLa Commune et les femmes

L’esprit rebelle de la Commune a bien été incarné par les femmes. Les citoyennes, souvent majoritaires dans les clubs de discussion, connaissaient les personnalités politiques et la teneur des décrets votés à la Chambre. Chaque club du 14e a ses oratrices. Leurs préoccupations sont avant tout sociales, ainsi l'Union des femmes (3) était-elle liée à la Commission du travail. Elles ont un rôle important dans la mobilisation et les combats, comme vivandières, cantinières, ambulancières. L'égalité des droits pour tous était l'une des principales revendications démocratiques de la Commune mais le temps a manqué pour l'instaurer. A l’exception de quelques figures emblématiques comme Louise Michel ou Elisabeth Dmitrieff, les femmes demeurent le “continent noir” de cette période. On ne sait presque rien de la responsable de l'Union des femmes pour la défense de Paris dans le 14e arrondissement, sinon qu’elle s'appelait Rivière (son prénom reste inconnu) et exerçait le métier de giletière. Les notices biographiques de quelques femmes condamnées à la prison ou à la déportation sont disponibles aux archives nationales. Dans le 14e, on cite Eugénie Desjardins condamnée comme “pétroleuse” à 20 ans de travaux forcés, Madeleine Brulé emprisonnée pour avoir construit des barricades et Anne Gobert condamnée à la déportation.

 

Aucune rue, aucune place du 14ème ne rend hommage aux héroïques combattant-e-s, mort-e-s sur les barricades, ou fusillé-e-s sans procès lors de la semaine sanglante. Pas de lieu de mémoire non plus pour rendre hommage aux communard-e-s massacré-e-s dans les catacombes où ils tentaient de se réfugier. En revanche, deux rues de l'arrondissement portent les noms de farouches ennemis de la Commune: le préfet de police Ernest Cresson et le commandant Durouchoux, agent versaillais.

 

Josée H Couvelaere

 

L'association des “Amis de la Commune de Paris”*, créée en 1882 par les Communard-e-s de retour d'exil est la plus ancienne organisation du mouvement ouvrier français. Son objectif est de perpétuer la flamme et les idéaux de la Commune.

L’association fait appel à témoins. Elle met à la disposition du public les noms connus d'habitants ayant participé à la Commune, dans le but de demander à ceux qui reconnaîtraient des proches de contacter l’association. Ces noms sont ceux des personnes ayant été internées ou déportées. En dehors des personnes répertoriées parce qu'elles ont eu un rôle officiel ou parce qu'elles ont été arrêtées, les historiens ont peu d’informations sur “le petit peuple” de Paris. Des milliers de Communard-e-s sont restés anonymes. Beaucoup sont mort-e-s durant la semaine sanglante et ont été jeté-e-s dans des fosses communes. Peu de périodes de notre histoire ont été à ce point occultées. Peut-être pourrait-on retrouver dans les familles, des lettres, des photos, des objets qui ont échappé à la destruction et apporter ainsi des documents précieux sur cette période de l’histoire dont les archives restent minces.

* 46, rue des Cinq Diamants 75013 Paris. Site Internet: http://lacomune.club.fr/pages/assoc.html

 

 (1) La Marmite: coopérative alimentaire fondée en 1868 par Nathalie Lemel et Eugène Varlin, membres de l'Internationale des Travailleurs. L'un des 4 restaurants coopératifs était situé au 42 rue du Château. 

(2) Auguste Blanqui (1805-1881), théoricien socialiste. Ses idées révolutionnaires et son activisme lui valurent de passer plus de 40 ans en prison. Bien qu'arrêté et mis au secret en mars 1871, son idéologie a joué un rôle important pendant les 72 jours de la Commune.

(3) Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés créée en avril 1871 par un groupe de citoyennes. Chaque arrondissement de Paris avait sa section. 

 

 

Sources :

Marcel Cerf, “La Commune dans le 14 arrondissement”.

René Rousseau, “Charbonneau et Martelet, les oubliés de l'histoire de la Commune”, Editions I.G.C., 1994.

P.H. Zaidman, “Lucien Félix Henry, colonel de la Commune”, Editions du Baboune, 2000.

Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871.


Photos d'archives (Lucien Henry et Femmes défendant une barricade).

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